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On me pose souvent des questions sur l'efficacité des équipes commerciales en négociation. Et je reconnais que j'ai un avis assez tranché sur la question. J'ai dirigé à plusieurs reprises des équipes commerciales en entreprise, y compris à l'international et j'ai pu observé des situations et des performances très diverses. Mais cela fera certainement l'objet d'une autre édition. Aujourd'hui, j'ai simplement souhaité réfléchir à ce que sera - ou devrait être - la fonction commerciale de demain. Et plus précisément à quoi ressembleront les directions commerciales, que ce soit en terme de positionnement, de rôle et même de profil en terme de recrutement. Mais pour comprendre cette évolution il est important de regarder dans rétroviseur et savoir d'où l'on vient. Retour vers le futur. La mort du “commis voyageur”Jusque dans les années 1980, le commercial était un “commis voyageur” moderne : costume sombre, mallette en cuir, kilomètres avalés sur les routes, et une mission simple — convaincre et conclure. Le succès se mesurait au nombre de poignées de mains, de repas d’affaires et de contrats signés.
1. Les années 80-90 : l’âge du chasseurIdée clé : vendre, c’était conclure. À cette époque, le commercial est d’abord un chasseur. Un loup solitaire. Les directions commerciales recrutent des profils extravertis, bons orateurs, capables d’enchaîner les rendez-vous. Le quotidien se résume à “faire du chiffre” : démarcher, convaincre, conclure. Le manager, lui, distribue des quotas, suit des tableaux de chiffres et sanctionne les écarts. Cette logique “volume first” répond à un contexte : des marchés en forte croissance, peu structurés, où celui qui frappait le plus de portes finissait par gagner. Le focus, à l’époque, portait d’abord sur les techniques de persuasion, pas sur la fidélisation ou la stratégie. La métaphore est claire : le commercial de l’époque était un chasseur. Mais un chasseur solitaire, dont l’efficacité reposait plus sur son tempérament que sur un système organisé.
2. Les années 2000 : la révolution du CRMIdée clé : vendre, c’était fidéliser. Avec l’arrivée des CRM, le rôle a changé du tout au tout. Concrètement, le commercial ne devait plus seulement conclure des contrats, mais gérer une relation : enregistrer les données clients, anticiper leurs besoins, proposer de nouveaux services. Les directions commerciales recherchaient désormais des profils plus méthodiques, capables d’analyser des données et de documenter chaque échange. Le manager, de son côté, passait des heures à examiner les prévisions, les fameux « forecasts » et à s’assurer que chaque client “restait dans le pipeline”, au bon endroit. La métaphore du jardinier ou du « farmer » s’impose : après avoir semé, il fallait entretenir, soigner, retenir. Mais beaucoup de managers vivaient mal cette transition : ils se retrouvaient coincés dans un reporting imposé et vécu comme une lourdeur administrative punitive, rêvant de jouer un rôle plus stratégique, sans toujours y parvenir.
3. Les années 2010 : le choc du digital et de l’omnicanalIdée clé : vendre, c’était être partout. L’explosion des canaux digitaux a bouleversé le métier. Concrètement, le commercial ne se contentait plus de téléphoner ou de rendre visite. Il devait aussi prospecter, sur LinkedIn par exemple, participer à des webinars, répondre à des leads générés en ligne, maîtriser les outils de visio, utiliser le CRM comme un copilote. Le problème ? Beaucoup d’équipes restaient en retard. Des études ont montré que la plupart des entreprises utilisaient à peine deux ou trois canaux, alors qu’un vrai dispositif omnicanal exige une orchestration bien plus large. La métaphore du moment était celle du chef d’orchestre : le commercial devait coordonner téléphone, email, réseaux sociaux et visio pour créer une symphonie cohérente. Mais dans les faits, nombre d’équipes restaient désynchronisées, prisonnières d’outils mal utilisés. 4. Aujourd’hui : l’ère de l’IAEn clair : l’IA change déjà le métier du commercial. Avant, un bon commercial, c’était quelqu’un de relationnel, organisé, persuasif.
Mais ça ne veut pas dire que le commercial devient inutile. Et surtout, il doit se concentrer sur ce que l’IA ne peut pas faire :
En résumé : L’IA gère les chiffres, les emails et les tableaux. 5. Demain : réinventer la direction commercialeEn clair : ce n’est pas seulement le métier des commerciaux qui change, c’est la façon de diriger toute la fonction. Les méthodes de management “à l’ancienne” (distribuer des quotas, contrôler les chiffres, faire du reporting) ne suffisent plus.
En résumé : Le directeur commercial de demain sera un coach-stratège :
Conclusion : la vraie question Alors, faut-il réinventer les directions commerciales ? Ce ne sont pas les directions commerciales qui sont “has been”. L’IA ne signe pas la fin du commercial — elle en marque la renaissance. Le rôle du directeur commercial n’est plus de “driver les résultats”, mais d’aider son équipe à les atteindre — en comprenant les moteurs, les doutes et les leviers de chacun.
Comme le rappelle Richard Branson : « Les machines peuvent faire beaucoup de choses, mais elles ne remplaceront jamais l’imagination, le lien et la capacité à donner du sens. »
C’est là que se jouera la différence. Grâce à l’IA, la fonction commerciale a aujourd’hui l’opportunité de se réinventer — non pas contre la technologie, mais avec elle, pour replacer l’humain au centre du jeu. Philippe Roy Fondateur de Red Yucca Auteur de L’Envers du Deal P.S: Vous avez une question ? Une remarque, un commentaire ? N’hésitez pas à me contacter directement (pr@red-yucca.com). Red Yucca conseille les entreprises sur leurs négociations critiques et les aide à bâtir une culture de négociation plus solide, stratégique et alignée avec leurs intérêts. |
Je parle de négociation de manière inhabituelle et non conventionnelle. Je montre la négociation telle qu'elle est dans la "vraie vie". Pas comme dans les livres. Je suis le fondateur de Red Yucca, une société spécialisée dans les stratégies d'influence et les négociations complexes pour les grandes organisations. J'écris également pour Harvard Business Review & Forbes.
Soyons honnêtes : négocier son salaire, c'est aussi agréable qu'un contrôle fiscal ou qu'un rendez-vous chez le dentiste. Vous êtes d'accord n'est-ce pas? Je ne me souviens plus très bien des chiffres mais je crois qu'environ la moitié des candidats à un job ne négocient pas leur salaire. Et je comprends — l'appréhension est réelle. Je voudrais vous parler de ça aujourd'hui. Attention ! je ne prétends pas couvrir le sujet de manière exhaustive - c'est un sujet beaucoup plus complexe qu'il n'y...
🟩 Ils disent "interesting" quand ils trouvent votre idée complètement à côté de la plaque.Ils vous assurent que "we should definitely do lunch"… puis disparaissent dans un silence élégant.Ils maîtrisent à la perfection l’art de dire non sans jamais prononcer le mot. Bienvenue dans la négociation à l’anglaise. Un univers feutré, où l’understatement est roi, où la forme prime souvent sur le fond, et où les règles implicites comptent plus que tout contrat. Négocier avec des Anglais, c’est comme...
There is a scene I’ve watched unfold dozens of times.You may have seen it too. A few weeks before a critical negotiation — a contract renewal with a key supplier, a complex partnership, a major client review — a group gathers in a meeting room, wearing the expression you see far too often in organizations: A cocktail of urgency, cautious optimism… and polite, contained panic. And someone inevitably asks: “So… what’s our negotiation strategy?” If that’s the question in the room, you’re already...